Christine Rugemer

Qui est-elle ?

Install Rugemer 0919De Christine Rugemer, il y aurait beaucoup à dire puisqu’on n’en sait pas grand-chose.
Belge, elle est 
inconnue en France. Journaliste de presse écrite, elle a manipulé des mots éphémères durant des
années. Dotée d’un master en histoire de l’art, elle a commencé sa vie professionnelle en tant
qu’assistante au musée Horta (Bruxelles) et a monté une exposition sur le groupe Cobra à l’Hôtel de
Ville de Bruxelles. Commissaire, dirait-on aujourd’hui. Cela lui a permis de collaborer de manière très
proche avec Christian Dotremont. Tous deux avaient projeté un voyage en Laponie, où il aurait réalisé
quelques logoglaces, mais la tuberculose qui ne l’empêchait pas de fumer comme un sapeur est
venue détruire ce projet. Christine s’est alors tournée vers les mots.
Lorsqu’elle a décidé de vivre en Dordogne (le télétravail rendu possible grâce à Internet), elle a
recommencé à peindre et est venue un jour, à L’app’Art de Périgueux, déployer des collages sur
papier kraft au pied de Daniel Faure. Et le tour était joué. Une exposition à la galerie, qui sera suivie
de ventes sur le marché de St-Astier et d’un événement (collectif) au musée de Marmande.
Comme Christine déteste les chiffres elle ne mémorise aucune date.

Son travail

bleus de tous bordsnoirs de chine / papiers

  •  Le hasard

   Le hasard prend une part active dans le travail. Il en est le point de départ, l’accord final,
s’affiche dans les phases intermédiaires. Il s’agit d’un partenaire qui précise, indique,
suggère, évoque. Mais un partenaire avec (contre ?) lequel il s’agit de jouer serré, sans lui
laisser tout se permettre. Charmeur, il prendrait volontiers le dessus.
A partir d’une coulée, d’une tache, de dripping, s’enclenche une évocation, une réflexion qui
pourrait donner un sens nouveau, une inflexion. Apparaît ainsi le désir d’aboutir à un dessein
à la fois grâce au hasard et grâce à la volonté de ne pas lui laisser le dernier mot.
Bien évidemment, le hasard se plaît à divaguer de bleu en bleu et à se faire amadouer.

  • Les dessins

   Pour continuer avec le hasard, c’est sans doute dans les dessins qu’il a le plus beau rôle.
L’encre de Chine permet de francs tracés au pinceau, au bout de bois, à la brindille, et des
gouttelettes involontaires surgissent. Il faut alors rattraper le hasard au tournant, prolonger
un arrondi qui peut faire songer à un masque ou un museau, dévier des éléments qui veulent
sortir du cadre (ou au contraire les aider à s’enfuir), se débarrasser des imprévus en les
barrant énergiquement d’un noir épais des plus obscurs. Les dessins d’encre sur papier sont
des terrains de jeu imprévisibles, dynamiques, chargés de vie.

  • Le papier

Le papier, dans ce cas, est du « kraft » blanc. Sa dénomination (« la force ») n’est pas une
métaphore. Ce papier est vivant et combatif. Un résistant qui se déforme quelques instants
quand on le noie à grandes eaux, puis revient à sa tenue première (la résilience, pour
employer un mot galvaudé).
Ce papier-là peut être malmené et absorbe, transformé par les lavis successifs en rendant
visibles leurs superpositions souvent aléatoires.
Si tenace, le papier n’en reste pas moins léger, souple, malléable. Il est sans rapport avec
d’autres matériaux « classiques » - toile, carton, plexiglas… Il n’est pas cadré, pas encadré
ni prisonnier d’un verre, et s’adapte aux inattendus.
Ce papier kraft, destiné à des emballages pour lesquels il doit tenir le coup, est à l’image des
êtres qui font face, obligés par des destins imprévisibles.

 

  • Le bleu

Le bleu suggère des immensités cosmiques impénétrables – l’azur du ciel, les océans, la
planète tout entière, dite « bleue ».
A partir du moment où l’on opte pour la monochromie les choix sont minces. Le noir « total »,
souvent magique, est adopté par d’excellents artistes, mais c’est aussi le couleur des
premières photographies, de la tradition des gravures et des estampes, des fusains, des
dessous sexy, des voitures ministérielles. Le noir est partout.
Le bleu – hormis Klein et son fameux IKB – semble peu utilisé en solo. On considère cette
couleur comme froide alors qu’elle est rassurante, peut-être par son symbolisme universel.
Imagine-t-on des blue jeans verts ou jaunes ?
Sans oublier cette proximité avec tous les mots bleus – le blues que l’on chante ou que l’on
subit, le sang bleu et les bleus de chauffe, une colère ou une peur bleue, être fleur bleue ou
cordon bleu préparant une truite au bleu… On n’en finit pas, plongeons plutôt dans le grand
bleu.
Il est vrai qu’ici on lui a ajouté un peu de blanc pas trop blanc, on lui a donné un soupçon de
jaune à peine visible, le verdissant discrètement, et puis des noirs plus résolus pour mieux
le scander.

 

 

 

 

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